|
Chaque nation est aujourd'hui surveillée dans la classe économique mondiale comme les bons et mauvais élèves affublés d'une note que distribue le pion selon son inspiration du moment. Au-dessus des contraintes politiques ou sociales, les agences de notation s'arrogent le droit de pénaliser ou de récompenser les pays en vertu de leurs propres critères. Mais qui s'assure qu'elles en ont bien la capacité ? La transparence n'est pas leur qualité majeure et leurs exigences sont souvent au départ des crises qu'elles sont les premières à montrer du doigt. Une mauvaise note suffit à déclencher le jeu des vautours qui profitent d'un moment de faiblesse pour s'enrichir un peu plus. Les mêmes noms reviennent en permanence : fonds spéculatifs, banques d'affaires, cabinets d'audit anglo-saxons membres des mêmes cercles, issus des mêmes formations et capables de passer sans hésitation de tous les côtés de la barrière en fonction de leurs intérêts. Volontiers régulateurs de notre industrie, ces "institutions", qui disaient le plus grand mal de l'hôtellerie économique avec ses petits prix et son faible potentiel spéculatif immobilier, vantent aujourd'hui les mérites de sa rentabilité et de sa résistance aux cycles. Une découverte tardive qui conduit à s'interroger sur leur réelle connaissance du marché et de ses fondamentaux. Si l'on peut se féliciter du retour à plus de lucidité, il y a fort à parier que ce n'est pas sans arrièrepensée. La reprise du cycle hôtelier vers de meilleures performances va réactiver la restructuration du secteur et relancer les transactions sur les actifs immobiliers comme sur les sociétés de gestion. Il n'est pas sûr que ces "experts" soient les mieux placés et les mieux intentionnés pour donner leur "note" sur la valeur des entreprises. Ce n'est pas du haut d'une tour de Manhattan ou de Londres que l'on a la meilleure vision du terrain et de ses réactions. Après avoir annoncé une hausse constante des prix moyens alors même que la crise se dessinait, ces spécialistes observent un curieux silence quand le cycle s'inverse. Ils hésitent entre effet d'annonce et prudence tactique. Nous entrons dans une période délicate où le contrôle des dépenses publiques aura un impact que seuls des outils quotidiens d'observation sur un large spectre du parc hôtelier permettront de piloter. L'expérience cumulée de 25 ans autorise MKG Hospitality à maintenir ses prévisions, conforté par un historique record, et non pas par des analyses de circonstances.
Georges Panayotis Directeur de la rédaction
Vous pouvez aussi télécharger l'article
|