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La faillite brutale de Dubaï arrive comme un cruel rappel à la réalité du développement touristique. Non seulement une nouvelle destination doit s’installer dans la durée, mais elle ne peut être bâtie que sur le respect d’un certain équilibre. Vitrine de l’extravagance et du superlatif, l’émirat a été gagné par la folie des grandeurs, reproduisant cinquante ans plus tard les mêmes erreurs qui ont défiguré une partie du littoral méditerranéen et des îles proches. La course précipitée en avant des promoteurs immobiliers les a détourné des tendances de fond qui déterminent aujourd’hui le choix des voyageurs. Le béton, les tours et le gigantisme ne correspondent pas à leurs aspirations de dépaysement et de recherche d’authenticité.
Le développement durable n’est pas une mode passagère pour surfer sur la vague environnementaliste. C’est un principe essentiel de croissance raisonnée qui permet aux cycles de se dérouler normalement. A trop vouloir forcer le rythme certaines destinations préparent les cimetières d’hôtels de demain, comme le désert de l’Arizona abrite aujourd’hui d’immenses cimetières d’avions trop bruyants, trop polluants, trop gourmands en carburant. Au-delà des chantiers inachevés de Dubaï, on peut s’interroger sur la survie de ses hôtels en activité quand les touristes vont se détourner d’un Golfe défiguré. Que penser aussi de la frénésie hôtelière qui agite Shanghai ou l’Afrique du Sud ?
La mondialisation est en train d’égaliser progressivement les conditions d’exploitation, y compris dans des pays réputés pour le faible coût du foncier, de la construction et du personnel. Les règles du développement durable sont d’autant plus importantes à respecter qu’elles garantissent la pérennité de la nouvelle offre hôtelière. Si les îles de l’Océan indien ont su garder leur image et leur attractivité depuis des décennies, c’est bien que la croissance a été maîtrisée avec une démarche responsable.
Cette démarche fait de plus en plus son chemin dans l’esprit des voyageurs qui deviennent des citoyens conscients de l’impact de leur choix. Ils auront davantage tendance à l’avenir à privilégier les destinations proches pour éviter les longs trajets générateurs de CO2. Dès lors, les marchés matures d’Europe ou d’Amérique du Nord offrent de nouveaux territoires de croissance hôtelière avec l’adaptation de l’offre aux exigences environnementales.
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